On me demande souvent de me présenter, de pitcher qui je suis. Mais je vais être honnête, je ne sais pas faire. Je ne sais pas réduire autant d’investissement en 30 secondes… Alors je me suis dit que cet espace pouvait être intéressant pour le faire, plus longuement.
Au lieu de faire un Pitch elevator, je vais faire l’exercice d’un Pitch escalier, beaucoup plus lent !
Je suis donc Mathieu Naud. Entrepreneur, passionné par la transmission, engagé dans la vie économique et sociale de Nouvelle-Aquitaine et au niveau national.
Ce qui me fait avancer, c’est la possibilité de construire : faire naître un projet, réunir des personnes, apprendre un métier, apporter une réponse à un besoin. J’aime ce passage entre ce que l’on imagine et ce que l’on parvient, avec du travail et avec les autres, à faire exister.
Je crois en la capacité de chacun à évoluer, à apprendre, à entreprendre, à prendre des responsabilités dès lors qu’on trouve les bonnes ressources et qu’on s’autorise à essayer. Cette conviction relie mes entreprises, mon rapport à la formation et mes engagements collectifs.
Le travail tient une place importante dans ma vie. J’y vois un moyen de gagner en autonomie, de développer ses capacités et de mieux choisir sa trajectoire. S’élever par le travail, c’est accéder à des possibilités que l’on ne s’accordait pas encore.
Je sais aussi ce qu’une rencontre, une formation ou une main tendue peuvent changer : l’effort a besoin de conditions pour produire ses effets. C’est pour cela que l’accès aux compétences, à l’emploi et à l’accompagnement me tient autant à cœur.
Mon premier terrain d’action, c’est l’entreprise
Je dirige CLEM Certification et CLEM Bâtiment Formation, deux organismes de formation à travers lesquels je porte une même exigence : permettre aux personnes et aux entreprises de progresser à partir de leurs besoins réels.
Avec CLEM Certification, je développe une approche qui se rapproche d’une agence de compétences. Cette expression traduit notre volonté de comprendre une situation dans son ensemble : les compétences déjà présentes, celles qu’il faut acquérir, le recrutement à préparer ou le parcours à construire. La formation y occupe une place centrale, au service d’un objectif professionnel concret.
CLEM Bâtiment Formation inscrit cette ambition dans les réalités des entreprises du bâtiment. Ce sont les contraintes de terrain, l’organisation des équipes et l’évolution des métiers qui donnent leur sens aux formations. Ce qui compte, c’est ce que les professionnels pourront faire de leurs acquis au quotidien.
Je porte également Le Vecteur, une plateforme qui s’appuie sur une intelligence artificielle interne, développée spécifiquement pour construire la démarche RSE de l’entreprise à partir de l’existant. Cette approche me ressemble : une entreprise a déjà des pratiques, des engagements, une histoire, et je trouve essentiel de reconnaître ce qu’elle fait, de comprendre son fonctionnement, avant de l’aider à structurer la suite. L’ambition du Vecteur est de rendre cette démarche plus accessible et plus concrète. C’est dans cette utilité que l’IA m’intéresse.
Avec L’Onglerie Mérignac, je suis aussi engagé dans le commerce de proximité. J’y retrouve l’exigence quotidienne du service, la qualité du travail, l’attention portée à la clientèle et la responsabilité envers l’équipe. Une entreprise se construit aussi dans ces détails, dans la régularité et dans la confiance que l’on mérite au fil du temps.
Les Collections Matias expriment une autre dimension de mon parcours : le plaisir de créer. Concevoir des carnets, leur donner un univers, imaginer des pages que d’autres vont s’approprier. J’aime l’idée qu’un objet puisse accompagner une réflexion, une envie ou un nouveau départ — une manière très tangible de donner forme à la créativité.
Ces activités m’obligent à rester curieux. Elles demandent des compétences différentes, des méthodes adaptées et beaucoup d’écoute. J’y trouve le plaisir de continuer à apprendre, avec la conscience que l’expérience acquise dans un domaine ne dispense jamais de comprendre les autres.
Quatre années de recherche pour un doctorat
Cette volonté d’apprendre m’a aussi conduit à consacrer quatre années de travail à un doctorat portant sur l’intégration d’écoles doctorales dans les CFA du supérieur.
Au cœur de cette recherche, une conviction : les établissements de formation professionnelle ont eux aussi vocation à produire des connaissances sur leurs pratiques, leurs modèles et leurs transformations. L’intégration d’écoles doctorales ouvre une réflexion sur la place de la recherche dans ces établissements, et sur les liens à construire entre savoirs académiques, expériences professionnelles et besoins des entreprises.
Quatre années menées en parallèle de mes responsabilités entrepreneuriales et collectives, quatre années à approfondir, à questionner et à faire évoluer ma pensée. Ce doctorat tient une place importante dans mon parcours : il traduit mon attachement à l’apprentissage tout au long de la vie et mon envie de contribuer à l’avenir de notre filière, jusque dans sa capacité à produire ses propres savoirs.
Un engagement qui se prolonge dans la société civile et économique
Je considère que les entrepreneurs ont une place à prendre dans les échanges et les décisions qui concernent l’emploi, la formation et le développement des territoires. Nous rencontrons des difficultés, nous expérimentons des réponses, nous voyons les effets des dispositifs dans la vie des entreprises — cette expérience mérite d’être partagée et confrontée à celle des autres acteurs.
Je suis vice-président national de la fédération Les Acteurs de la Compétence et président de son groupe régional en Nouvelle-Aquitaine. Ces responsabilités prolongent mon engagement pour la formation professionnelle et pour celles et ceux qui la font vivre : j’y défends la place des compétences dans les parcours individuels, dans le développement des entreprises et dans les choix collectifs.
Je suis également vice-président du Comité régional pour l’emploi, en charge de l’inclusion numérique. Ce sujet me touche particulièrement par ce qu’il implique en matière d’autonomie. Chercher un emploi, effectuer une démarche, accéder à une formation : lorsque les usages numériques deviennent un obstacle, c’est une partie des possibilités offertes à une personne qui se referme. Je veux contribuer à rendre ces possibilités accessibles, ce qui suppose de comprendre les difficultés, de faire travailler ensemble les acteurs concernés et de construire des réponses adaptées aux personnes comme aux territoires. L’inclusion numérique prend tout son sens lorsqu’elle permet à quelqu’un de retrouver une capacité d’action.
Je suis aussi membre du CREFOP, le Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles, et chef de file emploi-formation au MEDEF Nouvelle-Aquitaine. J’y porte la même attention aux besoins des entreprises, aux parcours des personnes et à la cohérence des réponses proposées.
Ces engagements demandent du temps, de la préparation et de la constance : écouter des points de vue différents, argumenter, chercher des accords, accepter que certaines avancées soient progressives. Je m’y investis parce que je crois à l’utilité de ce travail collectif et à notre responsabilité dans les décisions qui préparent la suite.
Une passion de transmettre
Il y a, dans tout cela, une passion de transmettre : une compétence, une expérience, une façon de regarder un problème. Donner à quelqu’un les moyens de faire à son tour. J’aime voir une personne prendre confiance, comprendre ce qui lui échappait, proposer une idée ou assumer une responsabilité nouvelle — c’est une des satisfactions les plus fortes de mon engagement.
Et je veux rester moi-même dans cette position d’apprenant : continuer à questionner mes certitudes, à écouter ceux qui connaissent mieux un sujet, à accepter qu’une expérience fasse évoluer mon regard. La curiosité est une exigence que je souhaite garder.
J’accorde enfin une grande place au fait d’oser : oser commencer, proposer, demander de l’aide, prendre une responsabilité. L’audace devient féconde lorsqu’on lui associe du travail, de la lucidité et des personnes avec qui construire.
Caroline
Et puis il y a Caroline, mon associée dans toutes les entreprises. Nous partageons cette aventure avec des compétences et des regards qui se complètent : sa rigueur, son sens de la gestion et sa capacité à structurer les projets comptent beaucoup dans ce que nous construisons. Ensemble, nous réfléchissons, nous décidons, nous avançons. Cette relation repose sur la confiance, sur la possibilité de se dire les choses et sur une ambition commune pour nos entreprises. J’attache beaucoup de valeur à ce chemin partagé, aux responsabilités que nous portons et aux réussites que nous construisons à deux. Parler de mon parcours, c’est aussi reconnaître la place de Caroline dans cette histoire.
Mes associés, les équipes, les partenaires et les personnes avec lesquelles je m’engage participent pleinement à cette histoire. Les projets prennent de la force quand chacun peut y apporter son expérience et ses idées. C’est aussi dans ces relations que je trouve l’envie de continuer.
Voilà qui je suis : un entrepreneur qui aime réaliser des projets, un passionné de transmission dont le parcours s’est aussi construit par la recherche, et un acteur engagé dans la vie collective. Avec une conviction qui demeure : apprendre ouvre des possibilités, le travail permet de les construire, et oser donne une chance de les faire exister.

