Le travail, pour moi, c’est un moteur.
C’est cette conviction qui m’a fait avancer cette année, sur tous les fronts à la fois. La campagne des municipales, d’abord — une aventure exigeante, que nous n’avons pas gagnée, mais dont je ressors avec une compréhension du terrain et des rapports de force que je n’aurais obtenue nulle part ailleurs. L’élection à la vice-présidence nationale de la fédération Les Acteurs de la Compétence, ensuite, qui élargit le périmètre sur lequel je peux agir. Les agréments et la certification Qualiopi obtenus pour nos organismes de formation, qui sécurisent des années de travail collectif. Et puis cette thèse de doctorat, portée pendant quatre ans en parallèle de tout le reste, soutenue cette année.
Beaucoup de choses structurantes. Beaucoup de choses dont je suis fier. Mais soyons honnête : ce sont aussi de vrais rouleaux compresseurs.
On ne mène pas une campagne électorale, une prise de responsabilité nationale, une démarche de certification et une thèse de front sans que le corps et l’esprit n’en gardent une trace. Ce n’est pas de la fatigue ordinaire. C’est un état de tension continue, où l’on reste branché même quand on croit s’être arrêté. Le dossier qui revient en tête pendant le dîner. Le mail qu’on relit une dernière fois avant de dormir. La to-do list qui tourne en fond, même en vacances.
Et c’est précisément là que je suis le moins bon élève. Décrocher m’est beaucoup plus difficile qu’avancer. J’ai appris, avec le temps, que le travail était le levier le plus fiable pour construire quelque chose. Je n’ai jamais vraiment appris à m’arrêter.
Pourtant, il faut y arriver. Non pas comme une option de confort, mais comme une nécessité. Un rouleau compresseur qui tourne sans jamais s’arrêter finit par s’user, ou par écraser ce qu’il ne devrait pas. Se reposer n’est pas le contraire de l’engagement. C’est ce qui permet de tenir dans la durée.
Alors cet été, j’essaie. Lire un livre sans avoir un œil sur mes mails. Écouter un podcast qui ne parle ni de formation professionnelle, ni de politique, ni d’IA. Me balader sans horaire à tenir. Aller au restaurant et parler d’autre chose que du travail — vraiment, jusqu’au bout du repas. Ce sont des choses simples. Elles ne devraient pas demander d’effort. Et pourtant, pour moi, c’en est un.
Ce que j’ai compris, c’est que lâcher prise ne se décrète pas une fois pour toutes. Ça se pratique, comme tout le reste. Ça demande la même discipline que celle qu’on met à construire un dossier ou à préparer une campagne — sauf qu’ici, l’objectif est de ne rien produire, de ne rien décider, de ne rien faire avancer. Juste être là.
Je ne sais pas si je saurai vraiment décrocher cette année. Mais je sais que je vais essayer, avec la même détermination que je mets ailleurs. Parce qu’une année aussi dense mérite une vraie pause en face. Parce qu’on ne construit rien de solide sur un moteur qui n’a jamais le temps de refroidir.
Se reposer, c’est aussi se donner les moyens de continuer.
Bel été à tous.

